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Frank Margerin voit le jour le 9 janvier 1952 né d'un père artiste peintre et d'une mère portraitiste à Paris. Il passe la majeure partie de son enfance dans une HLM de la Porte d'Asnières. Les premières années de sa vie sont plutôt paisibles, même si le divorce de ses parents à l’âge de trois ans le poussera un peu plus à se réfugier dans le dessin. À l’école, il amuse la galerie en caricaturant ses professeurs dans les marges de ses cahiers. Encouragé par son entourage, le jeune Frank prend peu à peu conscience de ses talents d’artiste.
Après la troisième, sur les conseils d’un ami de son père (lui-même artiste peintre), Margerin s’inscrit à l'École des arts appliqués. Les cours le passionnent et, même si l’ambiance est plutôt légère, il en sort diplômé quatre ans plus tard. Diplôme de laqueur et dessinateur textile en poche, c’est vers le dessin humoristique que le jeune homme tend à se diriger. Il cohabite alors avec ses camarades des « Zarza » dans un pavillon de banlieue à Châtillon et fait des petits boulots comme moniteur de centre aéré.
Margerin rencontre quelques agences de pub qui trouvent son style assez marrant et l'encouragent à se tourner plutôt vers la BD. En 1978, prenant le relais de Philippe Poncet de la Grave, il dessine quelques vignettes et bandes dessinées pour le chewing-gum Malabar1, pendant un an2 ; en parallèle, il dessine pour Métal hurlant. Ce seront finalement les magazines de charme Lui et Playboy qui publient ses premières illustrations3.
En 1975, Un jour, chez Nathan, Margerin croise la route de Bernard Farkas, un des quatre fondateurs de Métal hurlant, qui lui conseille de rencontrer son rédacteur en chef Jean-Pierre Dionnet. Celui-ci lui propose de faire une BD de quatre pages dans ce magazine alors spécialisé dans la BD de science-fiction et édité par Les Humanoïdes associés. Margerin aurait préféré Pilote, plus connu à l'époque et qu'il lisait depuis sa petite enfance, mais il saisit l'opportunité de Farkas. Il réalise ses premières véritables planches et invente pour la première fois un scénario : ce sera Simone et Léon. Sa participation au magazine durera jusqu’au dernier numéro, courant 1987.
Bien qu'ayant toujours refusé de créer un héros récurrent, Margerin se focalise sur Lucien, rocker rebelle à la banane, qui s’impose peu à peu au fil des histoires. D'abord grassouillet avec de grosses rouflaquettes, Lucien le voyou s’affine physiquement et mentalement au fil des années jusqu'à devenir le personnage central des histoires. Accompagné par ses fidèles amis Ricky (inspiré par Frentzel, un ami de l’auteur) et Gillou (inspiré par son frère), Lucien déserte petit à petit les mobylettes et les flippers pour tenter de s’insérer dans la vie adulte. À ce titre, l'album Lulu s'maque marque une nouvelle ère pour le personnage dont les aventures s’étalent maintenant sur tout l’album en une seule et même histoire... Défi relevé pour le dessinateur qui ne se sentait pas d’écrire des scénarios à ses débuts (même s’il reconnaît ne toujours pas vraiment en écrire et plutôt improviser au fur et à mesure qu’il dessine).
En 1993, au festival d'Angoulême, Frank Margerin est élu président du festival4. Il passe six mois à préparer l’évènement, entre les décors, mises en scènes et autres cartons d’invitations, dossiers de presses et jeux créés pour l’occasion. D'après Patrick Gaumer4, le succès de Margerin tient à « un graphisme simple, personnel et efficace » allié à « un grand sens de l'humour ».
En 1998 sort Ricky chez les Ricains, l’album tant attendu de Lucien aux États-Unis. Pour la première fois, Margerin dit s’être beaucoup documenté pour coller au mieux à la réalité (même s’il connaissait un peu cette région du monde car son frère et sa sœur habitent San Francisco).
S’ensuit Week-end motards en 2002, racontant les péripéties de la bande à Ricky (Lucien étant plus ou moins relégué au second plan le temps de cet album) en partance pour les 24 Heures du Mans. Margerin, grand passionné de moto, a collaboré au magazine Virages et à l'album Les Enfants de la moto (éditions Kraken) comme essayeur…
Margerin délaisse quelque temps ses personnages fétiches et crée Momo, livreur au grand cœur plongé dans une réalité bien plus actuelle5, publié dans l'Écho des savanes6. Exit le rock'n'roll, les mobs et les blousons noirs, Momo est un jeune Maghrébin évoluant dans un univers où l’on roule à scooter et où l’on écoute du rap. Trois albums sont publiés chez Albin Michel entre 2002 et 2005.
L'année 2008 marque la fin de la collaboration entre Margerin et les Humanoïdes associés. L'auteur, qui avait toujours été fidèle à cette maison, se voit transférer chez Fluide glacial, qui avait des vues sur lui depuis des années. Margerin accepte ce transfert, permettant aux Humanoïdes associés de renflouer un peu leur fonds mis à mal par la crise financière.
Pour sa première contribution chez Fluide Glacial Margerin fait réapparaître Lucien, huit ans après ses dernières aventures. Chose rare en bande dessinée, le dessinateur a fait vieillir son héros. La banane a blanchi, le ventre a poussé et Lucien s'est rangé dans sa petite vie de famille. Avec deux enfants et une femme folle d'internet, Lucien vend des guitares et donne cours à des ados. Il tente, après avoir retrouvé par hasard ses anciens camarades, de remonter leur groupe de rock et de percer dans un show télé. Le nouvel éditeur en profite pour rééditer les premiers albums de Margerin. La saga s'étale alors sur huit tomes (Toujours la Banane étant le neuvième).
Le 18 novembre 2009 sort un nouvel album de Margerin, Lucien, père et fils. L'auteur se projette une nouvelle fois dans un Lucien quinquagénaire, proie de ses enfants en pleine crise d'adolescence7. En septembre 2011 La bande à Lucien, onzième album de la série, sort chez Fluide Glacial8.
Il démarre en 2012, en tant que dessinateur et coloriste, une nouvelle série intitulée Je veux une Harley, sur des scénarios de Marc Cuadrado, chez Fluide Glacial. Le 6e tome, "Je veux une Harley T.6" - Garage, sweet garage, sort en 2020 chez Dargaud9,10.